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L’Échelle de performance CO2 séduit tant les entrepreneurs que les maîtres d’ouvrage

Publié le 06/07/2021
Snelweg en brug

L’Échelle de performance CO2 séduit tant les entrepreneurs que les maîtres d’ouvrage

Dans le cadre des objectifs européens en matière de climat, le secteur belge de la construction est constamment à la recherche de moyens pour réduire ses émissions globales en CO2. A cet égard dans un proche avenir, il se pourrait que l’Échelle de performance CO2, joue un rôle majeur. Ce système de gestion, qui encourage les entreprises certifiées à réduire leur empreinte CO2 de manière structurelle, est actuellement à l’essai dans notre pays. Les nombreuses réactions positives montrent que ce concept innovant peut compter sur l’intérêt, tant des maîtres d’œuvre que des entrepreneurs.

L’idée sous-tendue par ce concept d’Échelle de performance CO2 est aussi simple qu’ingénieuse. Les entrepreneurs qui réduisent leur empreinte CO2 reçoivent un Certificat de performance CO2, qui leur permet de bénéficier d’une réduction théorique dans le cadre des adjudications publiques . « Les économies d’énergie, l’utilisation efficace des matériaux et d’énergie verte sont des points positifs qui permettent aux entreprises de construction de gravir un ou plusieurs niveaux (de 1 à 5). Plus le niveau atteint sur l’Échelle de performance CO2 est élevé, plus la remise théorique est importante », explique Kim De Jonghe de COPRO. « Actuellement, 25 projets pilotes — dix en Flandre, dix en Wallonie et cinq à Bruxelles — ont été choisis afin de vérifier si ce système pourrait à l’avenir être utilisé dans notre pays. Ces projets pilotes se poursuivront jusqu’en 2022 et 2023. Ensuite seulement, une décision sera prise quant aux éventuelles modalités de mise en œuvre de cette l’Échelle de performance CO2 en Belgique. »

Beau succès aux Pays-Bas

Le webinaire co-organisé par COPRO et VlaWeBo visait à présenter l’Échelle de performance CO2 à un large public du secteur de la construction et à partager les bonnes pratiques. Comme le concept récolte un grand succès chez nos voisins du Nord depuis dix ans et qu’il est désormais très largement présent dans le cadre des marchés publics, Tijmen de Groot, du gestionnaire de systèmes néerlandais S.K.A.O., a été invité à ouvrir les débats. « L’Échelle de performance CO2 est une véritable réussite aux Pays-Bas. Plus d’un millier de certificats ont été délivrés à quelque 3 500 organisations néerlandaises, le secteur de la construction et des infrastructures y occupant une place de choix. Il est remarquable de constater que la majorité des détenteurs de certificats sont des petites entreprises. L’Échelle de performance CO2 ne concerne donc certainement pas que les grandes entreprises. »

Les entrepreneurs néerlandais ne sont pas les seuls à avoir été séduits. Plus de 150 maîtres d’ouvrage utilisent l’Échelle de performance CO2 de manière structurelle pour réduire leurs émissions de CO2. « Ils ont été séduits parce que l’instrument est immédiatement utilisable et parce qu’il récompense et met au défi plutôt qu’il ne sanctionne. Diverses études universitaires ont montré que le nombre d’organisations certifiées avait augmenté rapidement après que les autorités publiques et d’autres donneurs d’ordre aient décidé d’inclure de manière structurelle l’Échelle de performance CO2 dans leur processus de soumission. Cela montre qu’il s’agit d’un outil très puissant permettant de promouvoir un mode de fonctionnement durable.

Récompenser au lieu de sanctionner

Après cette introduction générale, Kim De Jonghe, auditrice principale et responsable de la certification de l’Échelle de performance CO2 chez COPRO, a décrit les exigences auxquelles les organisations devaient répondre pour obtenir un Certificat de performance CO2. Le processus de certification a également été décrit. Dirk Van Troyen d’AWV est venu ensuite exposer la position du Gouvernement flamand par rapport à l’Échelle de performance CO2. « Selon nous, les avantages de l’Échelle de performance CO2 résident dans le fait que vous mobilisez tout un secteur (environ 3 500 entreprises !). Il récompense les parties qui s’engagent pour la bonne cause. En outre, il s’agit également d’un instrument convivial pour les autorités. Il entraîne peu de travail supplémentaire, la charge de la preuve incombe au soumissionnaire et le contrôle est effectué par des organismes certificateurs. Pour les entreprises qui veulent aller de l’avant, l’Échelle de performance CO2 offre un cadre clair et sans ambiguïté. Il est parfaitement possible d’obtenir un certificat de niveau 3 en un an, le seuil de départ n’est donc certainement pas trop élevé. »

« L’effet de levier de l’Échelle de performance CO2 est important » : souligne M. Van Troyen. « Aux Pays-Bas, les entreprises certifiées enregistrent des réductions de CO2 de 3,2 % par an, soit le double de la moyenne générale. Chaque million d’euros soumissionné représente une réduction de 10 tonnes supplémentaires de CO2. D’autre part, l’augmentation du montant effectif des adjudications est négligeable (moins de 0,1 %), de sorte que le coût supplémentaire pour les autorités reste minime. Le coût total du système n’est que de 7 à 10 euros par tonne de réduction supplémentaire de CO2. Quand on sait que le coût social des émissions de CO2 se situe entre 25 et 129 euros par tonne, ce n’est pas si mal !1 ».

Exercice particulièrement utile

Le dernier intervenant du webinaire était Franky Van den Berghe, responsable du développement durable pour le groupe Willemen. Il a partagé ses expériences sur la récente mise en œuvre de l’Échelle de performance CO2 chez Willemen Infra. « Nous avons délibérément opté pour le niveau 3, avec l’intention de mettre d’abord au point nos processus opérationnels et de ne nous concentrer qu’ensuite sur le reste de la chaîne. C’était un exercice particulièrement utile pour cartographier nos flux d’énergie. Chez Willemen Infra, la part des centrales d’asphalte représente plus de 50 % de l’empreinte CO2 totale. C’est donc également là que l’impact des mesures sera le plus significatif. »

Pour la période 2020-2022, Willemen Infra s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 10 % par rapport aux émissions de l’année de référence 2019. « Au début de cette année, nous avons obtenu notre Certificat de performance CO2 de COPRO. L’avantage lié aux critères d’attribution reposant sur une remise théorique est très intéressant, tout comme la réduction de nos coûts énergétiques grâce à la mise en œuvre de mesures visant la réduction de notre empreinte CO2. Enfin, le certificat est également bénéfique pour l’image de notre organisation, notamment en termes de “Responsabilité sociétale des entreprises”. En tout cas, nous sommes ravis d’avoir franchi le pas ! »

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